jeudi 23 avril 2015

The Book of Ivy

Couverture de The book of Ivy

Résumé:

Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.


L'avis d'Audrey:

J'aime assez les couvertures proposées par la collection Lumen, de plus, "The Book of Ivy", remportait déjà de sacrés éloges dés sa sortie. Je me lançais donc dans ce roman young-adult présentant une dystopie avec une histoire d'amour bien tourmentée. 
Néanmoins, j'avoue que ces derniers temps, j'y vais un peu à reculons dans ce genre d'histoire... Je trouve les romans jeunesses "dystopiques" très surfaits, surfant sur la vague du succès de ce genre et usant de bons nombres de clichés et de romances assez plates.

Pourtant là, j'ai véritablement été bluffée !


Quoi dire de plus de l'intrigue que ce qu'annonce la quatrième de couverture ? 
Pas grand chose, car à vrai dire, l'histoire présentée ici, s'étire sur presque tout le roman, ne s'emballant pas dans un récit rocambolesque avec de l'action à foison et des retournements de situation. Non, ici, la narration se fait en douceur. Petit à petit, l'auteur nous plonge dans un duel psychologique. Elle fouille les relations des personnages et la personnalité de son héroïne. C'est Ivy qui raconte et on se met facilement dans sa peau, frémissant en même temps qu'elle. 
J'ai trouvé tout le récit très subtile. Le style est simple, fluide et efficace. On termine le livre en un clin d'oeil, sans grandes effusions ou romance passionnée, et pourtant je me suis laissée emporter, véritablement captivée par les destins d'Ivy et de Bishop.

Ivy est très attachante, peut être un peu trop froide et frustrante au départ, mais elle évolue, et devient une véritable héroïne touchante et courageuse. Bishop est le garçon qui ravira le coeur de beaucoup de jeunes, comme de moins jeunes, lectrices, c'est certain. Il est craquant et attachant.
Leur histoire d'amour est certes prévisible, mais elle est finement menée, prenant le temps de s'installer tranquillement, elle est d'autant plus plausible et touchante.

Mais surtout, j'aurai certainement trouvé cela simplement mignon, plaisant, j'aurai qualifié ce roman de lecture bien agréable, de "Belle découverte", si il n'y a avait pas eu cette fin qui m'a complètement bouleversée. Je n'ai rien vu venir, j'ai trouvé cela terrible, magnifique et tellement frustrant !!! Les trente dernières pages passent à une vitesse supérieure, nous laissant sur une terrible envie de nous jeter sur la suite!
Il est clair que je vais attendre avec impatience la sortie du tome 2. "The Révolution of Ivy" doit sortir en novembre aux Etats-Unis et j'espère que nous ne le recevrons pas trop tard en Français...

Vous me direz, ce n'est pas un peu trop romancé quand même ? Effectivement c'est romantique, cela vise un lectorat féminin, c'est clair, pourtant je n'ai pas trouvé que l'on tombait pour autant dans la guimauve. Ce titre m'a fait pensé, sans que l'histoire n'en ai rien avoir, mais juste pour l'impression et les personnages, à "La Révolte de Maddie Freeman". Alors oui, il y a un petit air de "La Sélection", dans l'idée  de départ, celle des mariages arrangés, mais c'est loin d'être aussi mièvre et cliché.

En bref, un très joli premier tome pour série young-adult, une  nouvelle dystopie, bien prometteuse qui m'a emballé, c'est certain.








"Le Paris des Merveilles"

Premièrement publié chez Le pré aux clercs en 2004, puis chez Livre de poche en 2007
"Les Enchantements d'Ambremer" de Pierre Pevel ressort chez Bragelone


De nouvelles couvertures, et surtout une suite pour regrouper trois tomes dans une saga fantasy ou Steampumk de l'auteur français des "Lames du cardinal"

Voici donc trois volets de la série "Le Paris des merveilles" qui sortent en ce mois de mai 2015...

A première vue, on se croirait dans le Paris de la Belle Epoque : messieurs en col dur et chapeau melon, femmes en corset et jupons, tacots rutilants, tour Eiffel toute neuve et grands boulevards arborés... En y regardant de plus près, la tour Eiffel est bâtie dans un bois blanc comme neige, des sirènes se baignent dans la Seine, chaque fontaine a son ondine, et que dire des arbres philosophes, des chats ailés, des farfadets du bois de Vincennes ou des clubs de gentlemenmagiciens ! Nous nous trouvons dans le Paris des Merveilles, l'une des portes entre notre univers matérialiste et l'Outremonde dirigé par la reine des fées, depuis sa capitale d'Ambremer. Une série de meurtres va entraîner Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, dans une aventure rocambolesque, où il sera question d'un blason mystérieux, d'un sorcier animé de sombres desseins, de gargouilles bien vivantes, d'un secret d'Etat et surtout de la très séduisante Isabel de Saint Gil... à laquelle personne ne résiste bien longtemps.

De bien belles couvertures, et un choix judicieux pour Bragelone, j'en suis convaincue!

mardi 21 avril 2015

Un nouveau casting pour Jace

On vous en parlait, The Mortal instrument
(La cité des ténèbres) va être adapté en série TV pour la chaîne ABC Family.
Un premier nom est déjà apparu pour ce nouveau casting.


Adieu Jamie Campbell Bower qui jouait dans le film

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Jamie Campbell Bower

Le casting s'est arrêté sur Dominic Sherwood pour interpréter Jace

Vu dans le film Vampire Academy et dans le dernier clip de Taylor Swift, le Britannique reconnaissable à ses yeux vairons devra se métamorphoser en chasseur têtu, arrogant et beau comme un dieu en janvier prochain.
Dominic Sherwood
C'est le premier acteur à avoir été retenu pour le moment...
Dans Vampire Academy
On attend les autres, et notamment qui reprendra le rôle de Clary?

lundi 20 avril 2015

Mauvais garçons et belles ingénues Tome 1 : L'espiègle ingénue



Résumé :

La nouvelle et captivante série de Maya Rodale met en vedette les trois Jeunes filles les Moins Susceptibles de Londres — trois giroflées, autrement dit trois laissées pour compte, qui vont bientôt faire l’envie de tous. Lady Emma Avery a annoncé par erreur ses fiançailles — au meilleur parti de toute l’Angleterre. Dès qu’on découvrira qu’elle n’a même jamais rencontré le séduisant duc d’Ashbrooke, Emma perdra son statut de giroflée, de laissée pour compte; et elle deviendra un objet de risée. Mais voici qu’Asbrooke fait quelque chose d’inattendu. Il joue le jeu. C’est que ces fiançailles, temporaires il va sans dire, à l’irréprochable Lady Avery arrivent à point : Ashbrooke, un tombeur, un buveur et un fêtard, a besoin de se refaire une réputation. Séduire Emma n’est que la cerise sur le gâteau. Sauf qu’Emma fait quelque chose à laquelle il ne s’attendait pas le moindrement : elle repousse ses avances. Ce qui ne lui est jamais arrivé. Inconcevable. Et diablement attirant. Ce faisant, la Jeune fille la Moins Susceptible de Londres de Mal se Comporter excite la curiosité — entre autres choses — du plus charmant vaurien de Londres. Qui mettra tout en oeuvre pour éveiller la sensualité d’Emma et ainsi faire la preuve que deux inconnus peuvent fort bien déclencher un énorme scandale.


L'Avis d'Alily :


Friande de romances historiques et avide de répliques bien menées et bien senties, je me suis laissé entraîner dans cette histoire, je dois le dire, lisant d'une traite, en une soirée seulement. Racontant les échecs de Lady Emma envers le sexe opposé et les déboires d'un jeune célibataire endurci le Duc d'Ashbrooke, je me suis laisser emporter très facilement dans cette histoire romantique.

Lady Emma Avery est une jeune femme laissée pour compte en quelque sorte. Après 4 saisons, toujours pas de demande en mariage. Elle est certaine de finir vieille fille. On lui prête un surnom d'ailleurs : La jeune fille la moins susceptible de tout Londres. Si seulement ils savaient !!! Elle et ses trois meilleures amies, toutes aussi laissées pour compte qu'Emma, décident de se remonter le moral avec quelques coupes de Sherry. Et durant cette soirée un peu trop arrosée pour elles, elles s'amusent à écrire une lettre au journal local, comme quoi Emma et le Duc d'Ashbrooke doivent se marier. Un canular qui devient réalité lorsque cette lettre se retrouve bel et bien dans le journal le lendemain matin.

Le Duc d'Ashbrooke, Blake, qui lit ça, ne sait que penser... Mais il n'est pas trop mécontent de la tournure des choses, car il doit l'avouer, cela tombe à pic avec ses futurs projets. De ce fait, il décide de jouer le jeu au grand désespoir d'Emma qui ne voit qu'en tout cela une horrible farce! Il va s'en dire que Blake ne fait pas tout ça sans raison.

J'ai adoré le cheminement de leur relation. Les deux sont réticents mais jouent le jeu quand même. Les idées qu'ils ont pour rendre toute cette histoire vraisemblable est un plaisir à lire. J'ai adoré la manière qu'Emma a de remettre à sa place Blake. Oui car Blake est un Duc très riche mais surtout très arrogant. Pour lui, il est inconcevable qu'une jeune femme tel qu'Emma ne veuille pas de lui. Il s'attend à ce que toutes les femmes se jettent à ses pieds. Aucune porte ne peut lui être fermée. Alors lorsqu'il se confronte à l'indifférence d'Emma, il n'a que plus le plaisir à relever le défi de la courtiser.

J'ai adoré la plume de l'auteur. Sa manière de raconter les évènements. Les petites notes dont les débuts de chapitres bénéficient. Les petites pensées des personnages qui habitent quelques pages, tout le contraire des dialogues, m'ont fait sourire. Une histoire très bien racontée avec une touche d'humour comme je les aime.

Friande d'histoire d'amour avec de bonnes répliques et une touche d'humour, cette histoire vous plaira à coup sûr ! Hâte de lire le tome 2 qui portera sur l'une des deux meilleures amies d'Emma.




L'extrait du moment

Couverture de Rose morte, Tome 1 : La floraison

Alors que le très beau premier tome de la série "Rose morte" de Céline Landressie vient de sortir en format poche chez Milady, voici un extrait pour vous mettre en appétit.

Je vous laisse imaginez ce qu'il se passe entre ces deux personnages clés de cette riche intrigue.
Tout est envisageable...




«    Alors que déferlait dans ses veines cet impétueux flot d'extase, son univers intérieur fut tout à coup dépouillé de sa gangue de ténèbres. Une symphonie de formes diaprées, auréolée de parfums capiteux, jaillit du néant. De ce débordement de couleurs naquirent les paysages les plus fous et les plus fascinants. Au comble de la béatitude, Rose voulut se fondre dans leur beauté gracile, mais un voluptueux murmure s’éleva depuis les rives de sa conscience, dominant le récital de ses sens. Envoûtée par ce chant, elle se détourna de l’éden pour le suivre…
S’enfuyant devant elle, l’obsédant chuchotis l’entraîna toujours plus loin par des immensités cotonneuses et blanches. Lorsque enfin il lui permit d’approcher, ils avaient de longtemps dépassé les frontières de ce monde.
Comme elle cherchait à l’effleurer, il vint lentement flotter autour d’elle. Tout en douceur, il épousa les méandres de son âme, qu’il enveloppa d’une aura caressante. Bientôt les cieux vibrèrent de ses soupirs alanguis, échos de son exquise audace. Enivrée, Rose s’abandonna à sa convoitise et le laissa pénétrer au plus profond de son être. Son esprit s’emplit alors de lascives évocations, d’une intensité telle qu’elles consumèrent sa raison. Sous ses paupières closes, ses prunelles s’évasèrent puissamment, ne laissant de ses iris qu’un mince anneau de lave incandescente…
L’univers se lézarda.
L’espace et le temps se morcelèrent. Les dimensions distordues se confondirent en une brume écarlate, dont les volutes sinueuses s’enroulèrent autour de leurs êtres enchevêtrés. Il n’y eut plus de réalité que dans cette union, si ardemment désirée.
Ils étaient au cœur de tout, et toute chose les contenait. »

Céline Landressie, Rose Morte, tome 1, Floraison, Milady, p.508.

dimanche 19 avril 2015

Rose Morte, tome 1, La floraison

Couverture de Rose morte, Tome 1 : La floraison

Résumé:

Dans une France en proie à de terribles dissensions religieuses, Rose, unique enfant du comte Greer en exil, est une jeune femme au caractère bien trempé. Mais son père, craignant pour son avenir, désire à tout prix la marier. C’est en essayant de se soustraire à ce destin qu’elle va faire la connaissance du comte Artus de Janlys. Par le biais de cet insaisissable aristocrate, la jeune femme va être propulsée dans un univers de dangers et de mystères, où les meurtres abjects qui terrifient la capitale trouveront une explication incroyable et pourtant bien réelle…



L'avis d'Audrey:

Merci à Milady de nous offrir en format poche ce fabuleux titre, premièrement publié en grand format chez L'Homme Sans Nom en 2012. Mais surtout, merci à Milady de faire le très bon choix de conserver la magnifique couverture. Je serais certainement passé à côté d'une très grande et belle plume si je n'avais été séduite par cette superbe première de couverture. pour moi, c'est souvent ce qui détermine mes choix.

Anisi, m'engageais-je à la découverte de cette "nouvelle série" bit-lit chez Milady, vierge de toute idée à son sujet. Ce n'est qu'en  refermant le livre, complètement séduite voire époustouflée par tant de talent, que je me suis intéressée de près à ce titre, pour me rendre compte que "Rose Morte" avait été publiée depuis déjà 3 ans. Comble de ma surprise en m'apercevant que j'étais passé à côté d'une telle lecture ! Oui, véritablement incensé lorsqu'on mesure la qualité de la plume et de l'intrigue que nous offre Céline Landressie.

"Mieux vaut tard que jamais". Amateurs de romans historiques, de romans de bit-lit qui sortent de l'ordinaire, de belles écritures, de personnages charismatiques et tourmentés, de finesse, ce roman est pour vous ! Mais attention, même si il y a des rebondissements, de l'action, une intrigue bien tissée, des manigances, du surnaturel et de la romance, il n'y a rien de commun avec les romans du genre qui fleurissent à l'heure actuelle. En effet, rien de commun avec des récits où tout se passe "à la page", tout s'enchaîne et embarque le lecteur de manière précipitée dans un tourbillon de répliques et d'actions... Non, là l'auteur prend le temps de mettre en place son histoire, de présenter ses personnages de planter calmement mais sûrement son univers. 

Voici le premier volet d'une saga qui comptera 5 tomes, dont deux sont déjà publiés, et le troisième sortira sous peu. Ici, nous découvrons donc une héroïne issue d'une famille d'aristocrates anglais réfugiés en "France catholique" à l'aube du XVIIème siècle, fuyant la nouvelle religion hérétique choisie par la reine d'Angleterre. Le contexte historique se dessine donc accompagnant le triste chemin de Rose. Pour cela, l'auteur manie avec brio le registre du XVI ème siècle, utilisant le langage et les expressions d'un autre temps. Elle prend le temps de décrire paysages et vêtements de manière détaillée. On a l'impression d'y être. Cela rend le tout très réaliste et plante les personnages dans un contexte pour le moins passionnant. Les jeunes filles sont naïves et retenues... Les nobles de véritables caricatures d'hypocrisie... Les rapports humains et les sentiments sont voilés, étouffés, faussés. Car si l'auteur plante le décor et l'époque elle met aussi un point d'honneur à détailler posture et psychologie des personnages. Aussi bien dans les non-dits que dans les répliques finement tournées. 

Et pour mettre en valeur tout ça, je le disais, l'auteur prend le temps. Elle nous fait progresser dans ce monde, dans cette époque petit à petit. Plus de 150 pages posent tranquillement ce décors. J'ai parfois trouvé cela long, m'impatientant après une intrigue qui se faisait attendre... Ayant parfois l'impression de me retrouver dans un roman de Jane Austen, où les jeunes filles se lamentent de leurs histoires de coeur. Mais je le redis, ce fut réellement un choix judicieux de l'auteur pour plus de justesse et de finesse. Les personnages sont d'autant plus convaincants, l'intrigue ne nous bouscule pas, elle glisse tranquillement vers des rebondissements, bien que prévisibles, qui feront quand même leur petit effet. Je n'ai pas eu l'impression de lire, mais de me laisser emporter par le récit. ce fut délicieux. 

En effet, dés le début nous nous doutons bien qu'il se trâme derrière ces premières futilités de mariages arangés des choses plus sombres, des choses évoquées en quatrième de couverture. Des choses qui prennent du temps à arriver et que nous quittons avec l'envie que cela dure encore. Ainsi, si je me languissais au début, je me suis finalement délecté de cette lenteur de cette finesse, n'en appréciant que davantage l'évolution de notre héroïne, qui, au fil des pages va s'endurcir.

Que dire de l'intrigue... Impossible de vous résumer cette riche histoire où s'en mêlent 3: une enquête d'espionnage, une intrigue sur des meurtres atroces qui touchent les êtres de la nuit, et une romance bien compliquée. 

De plus, l'Histoire avec un grand H fait partie intégrante du roman, car nous suivons une intrigue concernant les manigances des aristocrates français au Temps de l'édit de Nantes et d'Henry IV. Au moment des luttes religieuses entre Protestants et Catholiques. 
Nous suivons des histoires de mariages arrangés pour ne pas déroger aux règles de transmission de titres et de patrimoine. Rose est ainsi pour la troisième et dernière fois, du fait de son caractère indépendant et de son âge avancé, obligée par ses parents de concentir à de nouvelles fiançailles. Chose qu'elle refuse et qu'elle se fera un plaisir de déjouer. 
Enfin, sa rencontre avec le conte de Janlys, charismatique, beau, riche et redouté, va la plonger dans un monde nocturne peuplé de démons dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Entre ces deux personnages une subtile histoire sentimentale se tisse tout en douceur et pourtant apportant son lot de frustrations, de tourments et de colère, pour les personnages, comme pour nous lecteurs !

Vous le comprendrez rien n'est simple, rien ne paraît factice, tout semble savamment mesuré, étudié, présenté, pour nous offrir un roman riche qui m'a complètement captivée. Le mythe du vampire ou des êtres surnaturels n'a rien à voir avec des stéréotypes ou des images édulcorées que l'on peut trouver à foison dans la littérature fantasy, jeunesse ou bit-lit actuelle. D'ailleurs le mot vampire n'est jamais évoqué. Non, ce mythe est merveillesement bien présenté et s'introduit au fil du récit avec beaucoup de retenue. Tout est secret, tabou, et heureusement que Rose insiste et fait preuve de curiosité. En même temps qu'elle nous découvrons cet univers.

Quand aux personnages, Céline Landressie excelle là encore à manier les relations complexes entre les personnages et les tourments de l'esprit... 
Rose est une héroïne attachante, humaine, qui évolue, sans rentrer dans une jolie case toute faite. Se sachant faible, elle veut sans cesse garder la tête haute, elle séduira à coup sûr tous les lecteurs. Le conte Artus si séduisant, charmant,  et énigmatique n'est pas pour autant le merveilleux mâle romantique. Torturé, secret, il sera tellement énervant par son mutisme !!! Ne vous attendez pas à une romance bien calibrée, je pense que l'auteur va faire languir ses personnages et les tourmenter encore un petit moment et nous tourmenter dans les tomes suivants, c'est certain ! Mais c'est tellement bon !
Les personnages secondaires sont eux aussi attachants, et apportent un peu de légèreté dans ce sombre décor, Adelphe, Charlotte, Jacques...


Un titre qui m'a rappelé quelques-uns de mes romans cultes, et pourtant sans en avoir rien de commun, juste pour l'atmosphère et l'intelligence. J'y ai trouvé un peu des "Rois Maudits" par ci, de "La Reine Margot" par là, un peu de "Kushiel", de "Dracula"... un mélange de tas de romans aussi différents que captivants, chacun dans leur genre. 
Au final, un véritable coup de coeur pour un très bon roman historique et Bit-lit. 


Un grand Merci à Céline Landressie pour tout cela. Je me suis régalée. Alors si vous hésitez encore, lancez-vous, et tenez bon, ne soyez pas impatient, c'est un roman qui ne se lit pas mais qui se découvre avec lenteur et subtilité tout comme la plume de son auteur.



Sortie du second tome en format poche chez Milady en septembre 2015, sinon, vous pouvez vous jeter sur la suite en grand format... avant de découvrir le tome 3 très bientôt.

Couverture de Rose Morte, Tome 2 : Trois Épines

samedi 18 avril 2015

In My Mailbox


Alily
 
Couverture de Les sept Larmes D'oberon: tome1, Nayr
 
Couverture de Les Maudits, Tome 3: Rédemption
 
Couverture de Comment épouser un millionnaire, Tome 1 : Liaison à durée déterminée
 
 
 
 
Audrey
 
Rien pour cette semaine...

jeudi 16 avril 2015

Beautiful Stranger (Tome 2)

Couverture de Beautiful Stranger

Résumé :
Après avoir suivi les aventures de Bennett et Chloé dans Beautiful Bastard, voilà maintenant l'histoire de Sara Dillon, une amie de notre précédente héroïne et du séducteur anglais, Max Stella, rencontré à New York.

En rompant avec son petit ami infidèle, et filant s'installer à Manhattan, Sara a décidé de reprendre sa vie en main. Nouveau travail, nouvelle vie et nouvelle attitude : les hommes c'est fini, au moins pour une relation durable.

À peine arrivée, elle va pourtant tomber sur un superbe spécimen masculin d'origine britannique, Max Stella, connu du tout New York pour son amour des femmes. Jamais une seule n'a su le retenir. Jusqu'à Sara, et les photos coquines qu'elle le laisse prendre d'elle, il ne s'était jamais posé la question de construire un couple.

Face au charme viril de Max, Sara sait que finalement elle ne renoncera pas à tous les plaisirs que les hommes peuvent lui offrir...


L'Avis d'Alily :

Après avoir lu et grandement apprécié le premier tome, Beautiful Bastard, je me suis mise à la lecture assez rapidement de celui-ci.

Dans ce deuxième volet, nous sommes avec une amie de Chloé, Sara, l'un des personnages principaux du premier tome. Elle décide de tout quitter à Chicago, y compris son fiancé...ex fiancé, pour aller rejoindre Chloé à New York et accepter le poste que Bennett lui a proposé au sein de sa nouvelle entreprise. Alors, Sara, Chloé et Julia décident de fêter la chose et vont dans un bar branché, sexy comme jamais, afin de profiter de la soirée entre filles. C'est là que Sara rencontre un jeune homme ténébreux, sûr de lui, beau à tomber et cerise sur le gâteau, il lui fait de l'œil. La nouvelle Sara rentre en scène. Elle joue au jeu de la séduction, elle qui est plus que rouillée en la matière. Le désir sexuel opère entre eux assez rapidement mais Sara est bien déterminée à lui faire comprendre que rien n'ira plus loin que ce bar et que plus jamais il ne se reverraient. D'ailleurs, ils ne se disent même pas leurs noms.

Mais voilà qu'au cours d'un déjeuner, le destin les ramènent à se revoir et Max, l'inconnu du bar, se rend compte qu'elle est une amie proche de la future femme d'un de ses plus vieux ami, Bennett. Nous en savons déjà sur le passé de Sara mais c'est vraiment à ce moment qu'on en sait un peu plus sur Max et son passé n'est pas très reluisant. Oui, il est à la tête d'une très bonne compagnie dans cette ville, mais il est surtout connu pour son appétit sexuel très présent mais surtout très diversifié. Il a la réputation d'être un coureur de jupons.

J'ai adoré les deux personnages. J'ai trouvé que l'auteur développait plus la psychologie des personnages. Sara qui tente de se reconstruire mais surtout d'apprendre à se connaître et à s'aimer telle qu'elle est. De faire ce qu'elle veut vraiment faire sans se préoccuper de l'avis d'autrui. Sa libération des chaines qu'elle s'est elle même fixée est plaisante à lire. Pour Max, son petit côté vulnérable voir peu sûr de lui en ce qui attrait à sa relation avec Sara m'a émue.  Lui, l'homme de pouvoir si on peut dire ça comme ça, toujours sûr de lui est ébranlé par ce que Sara réveille en lui.

L'auteur reste dans le contexte d'une romance érotique. Comme pour le premier tome, les deux protagonistes entament d'abord une relation purement sexuelle. Il ne faut donc pas être surpris d'y lire beaucoup de passages de ce genre. J'ai trouvé par contre que certains dialogues étaient peut-être un peu trop vulgaire gratuitement.

En somme, j'ai aimé ce second tome, peut-être un peu moins que le premier à mon avis, mais j'ai quand même encore envie de continuer la série et de lire le prochain tome assez rapidement.

Interview avec Claude Jutras

Photo prise lors du salon de Québec, avril 2015
I
Auteur d’une série fantasy publiée chez ADA, Claude Jutras, cette jeune québécoise versée dans la lecture et l’écriture depuis son plus jeune âge nous offre une saga riche en action et dépaysement : « La Vengeance des Ténébryss »

A l’heure qu’il est cinq tomes sont disponibles, et un sixième en préparation. La série se clôturera avec le septième. 

La vengeance des ténébryss - Tome 1La vengeance des ténébryss - Tome 2Couverture de La vengeance des Ténébryss, tome 3 : DulcieCouverture de La vengeance des Ténébryss, tome 4 : Le princeCouverture de La vengeance des Ténébryss, tome 5 : La bataille de la citadelle
Un parcours éditorial étonnant pour une histoire bien riche de la plume d'une véritable passionnée.
Voici pour vous la rencontre avec Claude Jutras :

Audrey : J’ai lu vos témoignages sur votre parcours d’écrivain depuis l’âge de 12 ans. Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes qui sont passionnés comme vous et qui souhaitent écrire?

C.J : Le premier et très simple conseil est d’écrire. Écrire toutes sortes d’histoires, des nouvelles, un journal intime, des pensées… Tout ce qui les inspire sur le moment. Après quelques discussions lors des salons et par courriels, j’ai remarqué que ce qui freinait l’inspiration des jeunes esprits est la peur que leurs idées soient mauvaises ou le découragement devant l’ampleur du travail qu’est la rédaction d’un roman. Malheureusement, ce sont deux états qui nous suivent longtemps et qu’on doit apprendre à apprivoiser.
La peur d’être mauvais a tout de même un bon côté, car elle nous force constamment à réfléchir sur notre travail. Or, il ne faut surtout pas la laisser nous empêcher d’avancer. Comme dans toutes choses, c’est avec la pratique qu’on s’améliore, l’écriture ne faisant pas exception.
Pour ce qui est du découragement, il nous guette tous, mais la passion finit toujours par être la plus forte. Dans mon cas, la première étape à franchir fut celle d’écrire une histoire et de la terminer. La terminer… C’est ce qui est le plus difficile, en tout cas, pour moi.
Une chose très importante est de ne jamais laisser la lecture de côté. Lire et écrire sont deux activités indissociables. Il faut lire, lire et lire, de tous les genres littéraires. Parfois, sortir de sa zone de confort peut se révéler très bénéfique. L’imaginaire a besoin de se nourrir de sujets diversifiés.
Pour finir, les études dans le domaine de la littérature sont bien sûr un gros atout. Il y a plusieurs métiers reliés à l’écriture qui s’offrent aux jeunes. Pour ce qui est de ceux, comme moi, qui choisissent une voie très éloignée de celle de la littérature, rien ne les empêche de se lancer dans l’écriture. La passion n’a pas de restrictions et, additionnée à la persévérance, nos rêves se teintent doucement de réalité.

Audrey : De même vous avez évoqué votre chemin difficile vers l’édition. Face aux nombreux refus des éditeurs, vous vous êtes auto-éditée avant de trouver une réponse positive de la part des éditions ADA. À votre avis qu’est-ce qui a fait la différence avec ADA?

C.J : Je ne m’en suis jamais informée, alors c’est vraiment selon mon impression. Je crois que le fait que je leur ai envoyé un livre déjà monté a joué en ma faveur. Et, surtout, le travail de révision était déjà fait.
Puisque j’avais décidé de réaliser mon rêve de mes propres moyens, j’avais engagé les services d’une réviseure, Mme Carole Saint-Père, écriture CSP, qui est véritablement un génie du français. Ses corrections, ses conseils et nos longues discussions ont de beaucoup comblé les lacunes littéraires causées par mon manque d’études dans ce domaine. Elle a, sans aucun doute, fait une grosse différence.
Je vole maintenant de mes propres ailes littéraires et je m’efforce par plusieurs relectures de maintenir le plus haut niveau qu’il m’est possible d’atteindre.

Audrey : Qu’est-ce qui vous attire le plus à écrire de la fantasy?

C.J : Les côtés merveilleux et héroïque de ce style littéraire. La quasi-absence de barrières. L’imaginaire peut voler dans toutes les directions. Ce sont ces romans qui me captivent le plus, me font rêver. J’écris ce que j’aime lire. Créer un univers fantastique me procure un immense sentiment de liberté, comme se retrouver à la barre d’un navire et admirer l’immensité en se disant que le monde nous appartient.

Audrey : Quels sont vos références, les titres qui vous ont marqués qui vous ont donné envie d’écrire?

C.J : Le premier livre dont je me souviens avoir attisé mon imaginaire est la trilogie du « Merveilleux pays d’Oz », la suite du magicien d’Oz. En fait, ils faisaient partie des volumes les plus épais de la section jeunesse de notre petite bibliothèque de village. Intraitable, la bibliothécaire m’interdisait d’aller fureter dans les sections où les livres étaient encore plus gros.
Toutefois, le merveilleux du pays d’Oz a vite été remplacé par le goût du suspense et de l’horreur qui a accompagné mon adolescence. La première histoire que j’ai entamée avait donc comme but d’effrayer et non de faire rêver. Je n’ai noirci que quelques feuilles avant de la mettre de côté, découragée par tout le travail que cela impliquait.
L’école secondaire se situant dans un autre village, plus populeux, j’avais maintenant accès à une boutique où ils vendaient quelques romans format poche. Contrairement à ma bibliothécaire, le vendeur me laissait choisir ce que je voulais. J’ai rapidement fait le tour des romans qui m’intéressaient, puis il a reçu un roman format poche très épais qui a aussitôt attiré mon attention. « Le talisman » de Stephen King et Peter Straub. Voyager avec Jack m’a ramené dans le monde de l’imaginaire. Ce fut ensuite « La tour sombre ». J’ai fait un tour dans la science-fiction avec L.Ron Hubbard dont le livre « Final Black-out » est venu me chercher avec son lieutenant prêt à tout pour protéger ses gars. J’ai un faible pour la solidarité entre frères et sœurs d’armes.
J’ai repris mon crayon et mes feuilles et continué mon histoire. Mon défi était de la terminer. Si je réussissais cette étape, je pourrais alors me lancer dans un projet plus sérieux. Lors de la composition, la fantasy est revenue en force avec « Le hobbit » et tous les livres de David Eddings, Margaret Weis et Tracy Hickman et Ursula Le Guin.

Audrey : « La légende des Ténébryss » compte aujourd’hui 5 tomes, alors qu’un sixième arrive. Pourquoi autant de tomes? Qu’est-ce qui vous motive à écrire une si longue épopée?

C.J : Je n’arrive pas à me restreindre. Pas plus que je n’arrivais à respecter le nombre de mots pour mes rédactions au secondaire. Comme je l’ai déjà écrit à une jeune lectrice, je me souviens du professeur qui me lançait un coup d’œil alors que je me prenais la tête à deux mains au-dessus de mes feuilles. Je le suppliais du regard d’accepter mon texte trop long pour ne recevoir comme réponse qu’un hochement de tête négatif. « Claude, les règles sont les mêmes pour tout le monde. » J’ai dû respecter ces barèmes durant mes années de secondaire, puis de CÉGEP. Maintenant, au diable les règles! J’écris des textes aussi longs que je le désire.
Au début, je n’avais prévu que trois tomes, puis c’est devenu quatre et cinq. Je me suis alors dit, je la termine à six, mais non, j’en suis incapable. Je pourrais toujours me pencher au-dessus de mon ordinateur en me tenant la tête des deux mains pour chercher quel bout retrancher, mais non, pas question que l’écriture devienne un fardeau. C’est un plaisir et si je ne peux pas finir à six, il y aura un septième.
Je m’attendais à ce que la maison d’édition me demande de couper certains bouts et j’étais déjà prête à me battre pour chaque phrase, mais ils n’en ont rien fait. Ils ont accepté l’histoire comme telle, à mon plus grand bonheur. Jusqu’à maintenant, car c’est un nouveau processus pour chaque tome. Or, peu importe la suite, je peux dire que mon rêve est atteint.
D’ailleurs, quand j’annonce à un lecteur qui vient me voir à ma table, dans un salon, que le septième tome est le dernier et qu’il ou elle pousse un soupir déçu, je ne peux m’empêcher de sourire. C’est pour ceux-là que j’ai écrit; pour moi à 15 ans qui reposait le énième tome d’une série sur mon étagère en espérant que l’auteur ne la termine pas avant encore plusieurs livres. Hé bien, aussi inimaginable que cela puisse être, pour plusieurs jeunes, je suis maintenant cet auteur. Et si d’autres trouvent plutôt que je m’éternise, je ne peux qu’approuver. C’est vrai, je m’éternise, mais j’adore ça.
Or, je ne suis pas sourde aux commentaires et, pour mon prochain récit, je vais peut-être tenter de me restreindre. Quoique… J’ai un petit doute.

Audrey : Dans cette histoire fantasy, beaucoup de références cultes de ce genre imaginaire, comme la quête autour d’un artefact, des mages, sorciers, démons, dragons, de beaux guerriers, de belles jeunes filles? Qu’est-ce qui d’après vous fait la différence, l’originalité dans votre histoire?

C.J : Il n’est pas évident de se démarquer dans la fantasy. La plupart des livres que j’ai lus ont un fond qui tourne effectivement autour d’une quête et de la magie et c’est justement ce que j’aime. Et, selon ce que j’ai pu voir dans les salons du livre, c’est ce que les lecteurs de fantasy recherchent aussi. Alors, pourquoi m’en éloigner? Je réitère que j’écris le genre que j’aime lire. Bien sûr, je veux aussi avoir mes idées bien à moi, une histoire qui m’est propre.
Donc, je n’ai pas de fée, nain, elfes ou ce genre de créatures magiques dans mon histoire. Il y a des êtres non humains dont la provenance m’est propre. Enfin, je n’ai jamais rien lu de tel jusqu’à présent. L’origine de tout mon monde est assez particulière en fait et elle provoque une réaction mitigée; certaines trouvent cela original, d’autres décrochent. Et je ne parle pas de ce qu’Arkiel explique dans la cave de la citadelle des magiciens. C’est une information qui nous est donnée dans le troisième tome. Les humains des royaumes ne connaissent rien de leur véritable passé.
Il y a aussi le côté du « méchant » de l’histoire. Le ténébryss n’est pas un démon assoiffé de pouvoir qui veut l’anéantissement de l’humanité. Les humains sont très bien capables de s’anéantir tout seuls de même que la nature si précieuse qui les fait vivre. Ce fait est d’ailleurs la plus grosse arme du ténébryss. Ses motivations ne sont pas aussi machiavéliques qu’on le croit, même si les moyens d’y parvenir le sont.
Mon monde a une base assez réaliste qui a gagné des lecteurs qui n’étaient pas attirés par la fantasy. Comme des parents de jeunes qui lisent le livre de leur enfant afin de vérifier qu’il est bien de leur âge et qui restent accrochés à l’histoire. Ou des visiteurs de salons qui se laissent davantage convaincre par mon enthousiasme que par mon livre pour finalement apprécier le voyage et revenir me voir l’année suivante. C’est ma troisième année de salons, alors je reçois de plus en plus de commentaires.

Audrey : Pour ma part, à la lecture du premier tome, l’héroïne, Éli – mais cela reste mon impression personnelle — m’a agacée, je l’ai trouvé trop conditionnée par sa tâche, obnubilée, en oubliant presque d’être humaine et peu insouciante. J’espère que dans les autres tomes elle va enfin se lâcher. Que pourriez-vous dire pour défendre votre héroïne?

C.J : Éli est bel et bien conditionnée par sa quête, car elle sait parfaitement que les eldéïrs l’ont envoyée chercher un objet très important. Elle est une guerrière entraînée qui sait que si elle veut la mener à bien, elle ne doit pas se laisser mener par ses émotions et encore moins être insouciante. De là à dire qu’elle n’est pas humaine, je ne comprends pas, c’est la première fois qu’on me fait cette remarque. Au contraire, c’est l’humanité d’Éli qui m’attire la majorité de mes lecteurs.
Il est vrai qu’elle est beaucoup trop sûre d’elle, mais dans le contexte des combats, on appelle ça la mentalité du gagnant. Une nécessité si l’on ne veut pas terminer deuxième. Certes, Malek se fera un plaisir de la remettre à sa place s’il en a l’occasion. Elle est effectivement têtue, téméraire et très manipulatrice. Or, si une personne a des problèmes, Éli sera la première à risquer sa vie pour l’en sortir. Et elle l’a déjà fait à maintes reprises, ce qui lui a attiré le respect de ceux qu’elle rencontre et a augmenté son assurance face aux situations dangereuses.
Concernant son arrogance, il va de pair avec le mépris qu’elle a envers les habitants des royaumes; pour leur ignorance et leur refus d’accepter ce qui leur est différent. Malgré cela, elle fait tout pour venir en aide aux gens qui croisent sa route, qu’ils viennent ou non des royaumes. Et encore plus pour protéger le peuple des marais et ceux au-delà, jusqu’à ternir son âme. Mais cela, on l’apprend bien plus tard et là, oui, on découvrira qu’elle n’est pas tout à fait humaine.
Comme le dira plus tard un de ses frères, le souvenir que la majorité des gens garde d’Éli est une envie partagée entre la serrer dans ses bras et lui tordre le cou.

Audrey : Comment appréhendez-vous, ou préparez-vous de quitter vos personnages, votre histoire après le sixième tome? Ou y en aura-t-il d’autres?

C.J : La série se termine au tome 7 que je suis en train d’écrire. Le tome 6 est dans les mains de mon comité de lecture personnel. Je le relierai ensuite à quelques reprises et je vérifierai avec l’éditeur à savoir s’ils veulent que je le leur envoie.
Mes sentiments sont mitigés. D’un côté, je m’attriste de dire au revoir à ces gens qui occupent mes pensées depuis plus de quinze ans et, de l’autre, j’ai envie de passer à une autre histoire, à d’autres personnages. J’ai hâte d’écrire le fameux mot « fin », mais ce ne sera pas facile. Composer une fin n’est pas facile en soi. Une fin qui laissera un sourire sur les lèvres du lecteur après qu’il ait refermé la couverture. J’avoue que ça m’effraie, bien plus que d’abandonner mes personnages. Je n’ai pas le droit de décevoir des lecteurs qui me suivent depuis sept tomes, c’est la moindre des choses.

Audrey : Avez-vous pensé à écrire un spin-off de la série?

C.J : Oui. C’est ce que j’aimerais faire, écrire l’histoire de Kyrsha, l’ancêtre d’Éli. Le même univers, mais mille ans avant. On pourra la lire sans avoir lu l’autre série, mais ceux qui l’ont fait y découvriront qui était la reine Ergatséï, le roi Martéal, les kryalls et le dernier dragon à être apparu sur Melbïane.
En fait, c’est l’histoire que j’avais imaginée alors que je terminais mon premier livre, celui qui se voulait d’épouvante. Mais, j’ignore pourquoi, c’est le récit d’Éli qui s’est imposé. J’ai commencé, au salon du livre de Montréal, à m’informer auprès des lecteurs qui me suivent et la plupart se sont montrés enthousiastes. Certes, j’imagine qu’ils ne voudraient pas me dire non et risquer de me décevoir. Je suis donc en réflexion. De toute façon, je n’entreprends rien tant que le tome 7 n’est pas terminé.

Audrey : Quels sont vos prochains projets littéraires?

C.J : Même réponse que dans la question précédente.

Audrey : Vos lectures du moment, vos derniers coups de cœur?

C.J : Je lis plusieurs livres en même temps. Avéria tome 5 de Patrice Cazeault, Les yeux jaunes tome 3 d’Yvan Godbout et 8 murmures de Maude Rückstühl.
Mes derniers gros coups de cœur sont les livres de David Gibbins; archéologie, histoire et action. La troisième humanité de Bernard Werner. Et la trilogie Zodiak de Maude Royer, de la fantasy. Quand vous parliez d’originalité, celle de cette série m’a fait la dévorer en quelques jours.

Audrey : À l’heure du salon du livre de Québec, que pouvez-vous nous dire de la rencontre avec vos lecteurs? Quelles sont vos relations avec eux?

C.J : Très bonnes. Rencontrer nos lecteurs est la plus belle récompense à l’élaboration d’un roman. Je me souviens de la première jeune fille, au salon du livre de Montréal, qui s’est approchée de ma table avec un sourire gêné. Elle a sorti mon tome 1 légèrement abimé de son sac pour me le tendre. Un livre avec du vécu qui l’a sûrement suivi de sa maison à l’école à la maison à plusieurs reprises. Je n’en revenais pas. C’était mon livre, celui que j’avais écrit. Quel sentiment merveilleux! Elle aimait mon histoire. Une jeune fille que je ne connaissais pas.
Ça fait trois ans et mon cœur se gonfle toujours autant en rencontrant un lecteur et ses livres usés à faire signer ou ceux qui me demandent à quand la sortie du tome 6 alors que le 5 vient tout juste de sortir. Ce sont de véritables souffles d’énergie et de bonheur. Et je n’en reviens toujours pas. Je leur demande même moi-même de prendre une photo avec eux, surtout ceux avec qui je corresponds par courriels. Je suis plus « fan » de mes lecteurs que le contraire. Il y en a d’ailleurs une qui me pose, par courriels, des dizaines de questions, tellement qu’elle a presque trouvé le plus grand secret de mon histoire, mais elle m’a promis de ne pas en parler.
Il y en a parfois des comiques, surtout masculins je dirais, qui viennent s’appuyer à ma table en disant : « J’ai acheté votre livre l’année passée et j’ai vraiment détesté. » Un frisson glacial me parcourt alors le dos et je me dis, bon, voilà, il fallait bien que ça arrive à un moment donné. Mon ego peut se rassoir un moment et fixer ses pieds. Puis, il poursuit : « Parce que je n’ai pas pu arrêter de le lire et j’ai dû m’acheter tous les autres tomes. Maintenant, il sort quand, le prochain? » Et ils trouvent ça très drôle, car, étant une personne expressive qui a beaucoup de mal à cacher ses émotions, ils ont pu voir pendant quelques secondes, l’abattement allonger mes traits. Toutefois, le sourire qui les redresse est deux fois plus large que celui habituel. Eh les hommes…
Ce salon-ci, à Québec, j’ai eu droit à un magnifique cadeau. Un dessin de Malek et d’Éli accompagnés de leur petit protégé. J’avais les yeux pleins d’eau et il s’en est fallu de peu pour que des larmes s’en échappent.
Pour conclure, j’adore mes lecteurs; de tous les genres. Ils sont formidables et je les remercie à maintes reprises chaque fois qu’ils prennent le temps d’arrêter à ma table pour me parler.

Audrey : Aujourd’hui la blogosphère joue de plus en plus le rôle de critique littéraire, sert même à faire la promotion en parallèle des maisons d’édition… Quel regard y portez-vous? Avez-vous vous même des liens avec des blogs, des forums ou pages face book?

C.J : J’ai une page Facebook et un site internet où mes lecteurs peuvent laisser des commentaires ou me contacter directement. Ce sont deux liens importants qui me permettent de rester en contact avec eux entre les salons. Le plaisir de voir un courriel provenant de mon site ou un message de ma page Facebook est presque le même qu’une personne qui arrête à ma table.
J’y mets les horaires des salons du livre et les étapes que franchit le tome à paraître. J’y affiche aussi les dessins de mes lectrices, avec leur accord, bien entendu. Il y a aussi un endroit où j’écris des questions de mes lecteurs concernant le récit ainsi que mes réponses. J’y introduis d’ailleurs l’histoire de Kyrsha dans laquelle j’aimerais bien me plonger après la vengeance des Ténébryss.


Un grand merci à Claude Juras pour avoir pris le temps de développer ses réponses. Et à très bientôt pour la suite des aventures d'Eli...